• Chapitre 9 :

    L’inspecteur claqua la portière de sa vieille voiture, un café à la main.
    - Toujours pas d’indices ? Dit-il en baillant.
    - Non, inspecteur. On a fouillé tout l’habitat et le jardin mais aucune piste.
    - Hé patron ! J’ai trouvé des empreintes de pas près du bosquet.
    - C’est inspecteur, marmonna leur chef, mais merci pour l’info ; j’arrive tout de suite !
    Arrivé sur place, il constata qu’il y avait deux sortes d’empreintes, dont l’une de petite taille.
    Il en conclu que deux individus étaient passés par là ; sans doute le meurtrier et son complice.
    - Vu la profondeur au niveau du talon, il doit d’agir de chaussures féminines.
    - N’écartons pas cette hypothèse, mais n’examinez pas les plus petites, je sais déjà qui c’est.

    A quelques mètres de là…
    - Un peu de nerf, Elynorr ! Tu veux retrouver l’assassin de ton grand-père, oui ou non ?
    - Bien sûr, mais je n’ai pas dormi de la nuit : j’ai entendu des chuchotements dans les murs. Elle frissonna puis bailla aux corneilles.
    - Des chu…Ah ! Je vois ! Tu n’as pas à t’en faire, il n’est pas méchant.
    - Qui ça ?
    - La nuit prochaine, je te le présenterai, enfin…S’il accepte de se montrer.

    ◘◘◘

    Le jeune policier chargé de l’examen des empreintes de pas n’avait aucune idée de comment procéder. Pas de matériel adéquat…
    Après une réflexion intense, il commença par faire un moulage en plâtre puis mesura la profondeur de l’empreinte ainsi que les mensurations. Pour finir, il réunit différentes sortes de chaussures jusqu’à ce que l’une d’entre elles corresponde au résultat souhaité.
    La chaussure gagnante était une botte élégante au cuir rouge sombre et à talon beige discret.

    Il ne lui restait plus qu’à rendre visite à la boutique dans laquelle on en trouvait puis à demander la liste des clientes.
    - Comment ça « vous n’avez pas cette liste » ?! gronda le policier exténué.
    - Je suis désolée mais nous ne gardons pas de listes de clients datant de plus de deux mois. Et comme il s’agit d’un modèle de haute fortune, je me souviendrais de la cliente qui aurait pris cette paire !
    La vendeuse, paniquée et désolée, lui pria de quitter les lieux avant que sa supérieure ne la surprenne en train de discuter au lieu de faire son travail.
    Le bleu s’en alla du magasin, les mains dans les poches et la tête basse. L’idée d’annoncer la mauvaise nouvelle au plus colérique des inspecteurs le déprimait.

    Madame Auguste s’apprêtait à décrocher le combiné lorsqu’elle aperçut un policier stressé derrière la porte vitrée. Celui-ci lui demanda si l’inspecteur Harvey était disponible.
    - Je suis navrée mais il n’est pas là. Il m’a demandé de me charger de cette affaire en attendant son retour.
    La femme à la chevelure rousse coupée au carré et habillée d’un tailleur beige fixait le jeune homme de ses yeux noir malicieux.
    - Euh…Savez-vous quand est-ce qu’il reviendra ? Bafouilla-t-il.
    - Je viens de l’avoir au téléphone, il avait l’air souffrant. Sa voix trahissait son agacement.
    - Bref, reprit-elle, qu’avez-vous à me montrer ?
    « Bon et puis après tout… pensa-t-il, elle ou lui, qu’est-ce que ça change ? ».
    - Et bien… C’est-à-dire que… J’ai retrouvé le modèle de la chaussure mais il est impossible de connaitre l’identité de sa propriétaire.
    - Je vois… Ce n’est pas bien grave, ça nous faire déjà ça de gagné, soupira la femme élégante.


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